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Le critique avant-gardiste feu Hassine El Oued en 1971

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Mohamed Salah Ben Amor en 1971

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La première lettre de feu Hassine El Oued

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La deuxième lettre de feu Hassine El Oued (face)

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La deuxième lettre de feu Hassine El Oued (dos)

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Carte du restaurant où j’ai travaillé en l’été 1971

 

Ce n’est pas de feu Hassine El Oued, le professeur universitaire, que je vais parler dans ce qui suit mais de l’étudiant qu’il était à la faculté des lettres et sciences humaines de Tunis à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix .A cette époque-là, feu Hassine était un jeune nouvelliste qui publiait ses nouvelles dans la prestigieuse revue « Al Fikr »(La pensée) et moi je constituais un duo avec le jeune critique feu Hédi Bouhouch, un ami d’enfance .Mais Bouhouch s’était vite retiré du milieu littéraire parce qu’il n’avait pu supporter l’hostilité viscérale que les écrivains et poètes vouaient aux critiques. Et c’était à ce moment et tout à fait par hasard au cours d’une rencontre fortuite au café « Le Maghreb Arabe » à Tunis que moi , feu Hassine et le poète Hamadi Touhami El Kar, un autre ami d’enfance et aussi étudiant à la même faculté mais en Sciences de l’éducation eûmes l’idée de constituer un trio et de fonder une page culturelle au journal « Al Ayyam « Les jours » dont je connaissais le propriétaire feu Mahmoud Zoghni, un journaliste originaire de la ville du Kef ..

Nous choisîmes pour cette page le nom de « Dépassements » qui figurait dans le titre de mon dernier article à ce moment-là « Les trois dépassements »et décidâmes de n’y publier que la poésie en prose, la nouvelle expérimentale, la critique moderne (formaliste ,structurale, psychanalytique. Intertextuelle …etc.) et la traduction d’articles puisés dans les ouvrages linguistiques, sémiotiques, poétiques …etc.).
Et pour prouver au milieu culturel notre loyauté et notre ouverture, nous avions permis aux classiques et néo-classiques de nous critiquer dans notre propre espace. Parmi les écrivains et poètes appartenant à ces deux tendances auxquels nous avions ouvert nos colonnes : Sadok Mazigh, Noureddine Sammoud, Abderrahman Kablouti, Abdallah Kahlaoui …
Quant aux poètes et écrivains novateurs à qui nous avons publié des textes , ils étaient nombreux dont Ezzeddine Madani ,Samir Ayyadi, Ahmed Mammou,Habib Zanned, Taher Hammami, Abdessalem Khrouf, Abderrahman Ayyoub,Wahid Khadhraoui,Tawfiq Zidi, Mohamed Médouni ,Mohsen Belarbi …
Mais le journal « El Ayyam » n’avait  pas tardé à être mis à l’index, d’abord par les classiques et néoclassiques qui s’étaient mis à nous attaquer dans un journal hebdomadaire concurrent « Al-Masira »(La marche) de Salem Krir Marzouqi (qui deviendra plus tard un ami), nous accusant d’extrémisme, non seulement culturel mais aussi politique, alors que notre groupe , bien que contestataire, était totalement indépendant , cette ligne directrice de laquelle je n’ai jamais dévié jusqu’à aujourd’hui.

Un jour, le propriétaire du journal feu Mahmoud Zoghni nous fit savoir qu’une  lettre signée par un groupe d’écrivains et de poètes a été adressée au ministère de l’intérieur dans laquelle ils nous accusaient d’appartenir soit à un groupuscule d’extrême gauche, soit au parti Baath irakien et qu’il n’a pu connaître qu’un seul de ces signataires qui rédigeait une rubrique hebdomadaire dans le journal « al Amal », l’organe parti au pouvoir le parti destourien.

L’histoire de cette lettre  s’était vite propagée dans le milieu culturel .Mais   les noms des autres signataires étaient restés inconnus.
D’autre part, le directeur du journal, Mahmoud Zoghni, bien qu’il appartînt au parti au pouvoir et travaillât dans son organe, le journal »Al Aamal » (L’action )  il était mal vu par les autorités, parce qu’il avait des affinités avec Ahmed Mistiri , un ancien ministre de l’intérieur qui avait été destitué de son poste parce qu’il protestait contre l’absence de démocratie au sein du régime.
Un jour au mois de juin 1971, un inconnu s’était  introduit à une heure tardive de la nuit dans l’imprimerie où nous imprimions le journal « AL-Ayyam » et avait fait glisser parmi les articles présentés à l’impression un article décrivant une scène horriblement obscène.
Le lendemain matin, le journal a été saisi par la police puis le tribunal a prononcé l’interdiction du journal lui-même.

Très affecté par cet évènement, j’ai décidé de quitter le pays et poursuivre mes études en France.

Le jour de mon départ alors que je m’apprêtais à quitter la maison pour aller au port de la Goulette, feu Hassine El Oued vint me voir, me  demandant de lui prêter quelques livres sur la poétique dont il avait besoin pour préparer son mémoire du certificat d’aptitude à la recherche(l’équivalent du master).Je l’avais alors laissé en compagnie de ma famille en lui disant : « Voici ma bibliothèque !Pends les livres que tu veux et laisse-moi la liste de ceux que tu prendras » et m’en allai  au port .

Mais en mois de septembre, j’avais reçu de de ma famille une lettre dans laquelle elle m’informait que mon père était gravement malade et qu’il avait été hospitalisé. J’avais donc dû abandonner mon projet d’étudier en France et retourner au pays.  

Pendant mon séjour à Paris, j’avais reçu de Hassine les deux lettres suivantes :

 

Première lettre :

 

 

Tunis le 18/8/1971

Frère Mohamed,

 

J’ai reçu la carte postale et les lettres et je te remercie pour ta sollicitude. D’autre part, j’ai reçu les copies légaliséeset j’ai remis les feuilles se trouvant dans les dossiers à El Ayyari(1).Et après ceci et cela, je me suis mis d’accord avec  le professeur Baccar(2)  sur le sujet  suivant : « Analyse structurale et formaliste du côté romanesque dans l’épitre du d’Abou Al-Alaa Al-Maarri(3) » et je me suis mis au travail. Mais je me suis heurté à des difficultés et le désespoir a failli avoir raison de mes forces .

Après cela, il y a eu la nomination – et quel fut le choc !- On m’a nommé à Zaghouan et précisément à l’école normale des instituteurs(4). Donc, je ne pourrai ni rester à Tunis et travailler, ni économiser de l’argent et m’adonner à la paresse.Ceci dit, je viens d’apprendre que Salem Ounaies(5) a été nommé à Carthage et que d’autres ont été affectés à Makhtar et à Gafsa. C’est ce que j’ai appris jusqu’à présent.

En tout cas, je désapprouve la décision de la commission de la nomination et je ferai des contacts à ce sujet, sachant qu’aujourd’hui  j’ai perdu  toute la matinée sans résultat .

Abderrahman(6) m’a appris  que tu travailles dans un bar(7) à Paris .Et j’espère que ce travail n’est pas très fatiguant pour toi, bien que  dans l’épuisement il y ait un bon entraînement aux peines auxquelles nous nous heurterions dans notre parcours. Mais j’espère aussi que le tuyau de  la bière  n’éclate pas sur toi.

Ainsi, si tu te noies  dans sa mer, tu compteras parmi les martyres.  Et à ce propos un adage dit : «  Celui qui meurt noyé dans la mer de la bière est prédestiné au paradis sans jugement».Et il se peut que tu y fasses la rencontre d’Al-Maarri et son épître.

Après cela, j’aimerais que tu trouves les adresses de Tzevan Todorov et ses adeptes, ainsi que  celle de Roland Barthes*, parce que j’ai l’intention d’aller à Paris  pendant les vacances d’hiver (8)  et de rencontrer quelques uns d’entre eux.

Notes :

1-  Ayari était un fonctionnaire à la faculté des lettres .Il m’avait demandé après ma réussite aux examens de passage en 4ème année de la maîtrise de lui donner des phocopies de mes cours pour qu’il les remette à Mongi Féqih , un ancien gouverneur de Kairouan qui avait été destitué de son poste après le limogeage et l’emprisonnement du ministre Ahmed Ben Salah , la tête pensante de la politique socialiste .Mongi Féqih qui n’était titulaire que de deux certificats de la maîtrise avait décidé alors de retourner aux bancs de l’université et  finir ses études.

2-Tawfiq Baccar :l’un des meilleurs enseignants de la littérature moderne à l’université tunisienne.Il était connu par sa culture vaste et spécialisée en critique littéraire et son utilisation habile des méthodes de critique moderne dans ses cours.

3- Abou Al-Alaa Al-Maarri  (973 -1057) est un philosophe, poète et prosateur arabe ancien né en Syrie.

4-  Hassine ne veut nullement dire ici qu’il dédaigne le travail dans la ville de Zaghouan mais que le sujet qu’il a choisi d’étudier dans son mémoire  exigeait sa présence à Tunis  parce que tous les ouvrages dont il avait besoin  étaient ultramodernes et ne se trouvaient que chez certaines personnes dont moi-même, notre ami Salem Ounaies et à la bibliothèque du centre culturel français.

5- Salem Ounaies : l’un des membres de l’avant-garde littéraire. Il était nouvelliste. Je lui ai consacré un chapître dans mon livre Les tendances de la nouvelle d’avant-garde en Tunsie (Tunis 2005 ).Il a organisé avec moi et Hassine Loued le premier colloque sur le structuralisme en Tunisie et dans le monde arabe, lequel  s’était tenu en mars 1972 à la maison de la culture Ibn Khaldoun et dont les travaux avaient paru la même année dans la revue »Culture » .

6- Abderrahman Mrassi :un ami d’enfance de Hassine et originaire de sa ville natale Moknine.Il était installé de  façon permanente  à Paris .

7-  Je n’ai pas travaillé dans un bar mais dans un grand restaurant au nom de « La modèle ».Mais  comme tous les restaurants en France, il servait les boissons alcoolisées.

8- J’ai essayé de contacter Todorov et Roland Barthes ainsi que Julia Krestiva mais ils passaient à ce moment  leurs vacances loin de Paris .Cependant j’ai contacté les bureaux des deux grandes revues de l’avant-garde française : «  Tel Quel » et « Change »et j’étais revenu à Tunis avec leurs derniers numéros .Plus tard en 1984, lorsque Sollers était venu en Tunisie, il avait donné au local du centre culturel français une conférence dans laquelle il m’avait cité ainsi qu’Ezzedine Madani.

 

 

Deuxième lettre: 

 

Tunis le 28/8/1971

 

Frère Mohamed,

Je commence par te faire savoir que je me suis éloigné de l’ambiance des « littérateurs »(1) à Tunis, parce qu’elle est pleine d’opportunisme, de saleté, de jalousie, d’ignorance et toutes sortes de conneries. Et je regrette le temps que j’ai perdu à les fréquenter(2). Je m’emploierai à ce que tu te débarrasses d’eux à ton tour(3), parce qu’ils incarnent l’assassinat des talents, le suicide des déterminations et de l’amour du travail.

Quant à Hassan Hamada(4), je le rencontrais une fois par semaine au siège de son travail au journal « Essabah »(Le matin) et j’ai commencé à entreprendre des démarches pour dominer Labidi(5)  et préparer dès maintenant notre entrée au journal « Essabah », le jour où paraîtra son supplément culturel(6),mais Labidi a pris son congé annuel et je le rencontrerai au cours de la semaine prochaine.

Quant à ma vie quotidienne,  elle se déroule suivant ce modèle : je me lève à dix heures du matin, je bouquine jusqu’à 11h et demie puis je vais au restaurant (estudiantin)(7), pour revenir tout de suite chez moi. Ici, il fait terriblement chaud, au point où les poissons du lac ont  totalement péri   à cause de la température élevée. A mon retour, je bouquine jusqu’à 16 h et de 16h à 18h et demie, je finis  la lecture d’une pièce de théâtre  occidentale(8) que nous ferons passer inaperçue et en même temps,  je travaille sur mon mémoire du certificat d’aptitude à la recherche (9) puis je sors pour dîner .Parfois, je rencontre Lahmar(10)et ses amis historiens avec lesquels je bavarde près d’un quart d’heure puis je vais chez mon ami Ali (11)et je resterai auprès de lui jusqu’à 22 h  puis je retourne à la maison et je travaille jusqu’à 1 h du matin, formant ainsi un cycle inchangé  .

C’est une vie de chien, celle que je vis.

Quant aux supplément culturel(12)*(du journal « Al Aamal – l’action ) et aux  journaux « Essabah »*(Le matin)(13) et  « Al Masira »(La marche)*(14), j’ai coupé toute relation avec eux  depuis belle lurette. Ils m’ont donné la nausée .Que Dieu donne la nausée à leurs propriétaires !

J’ai écrit un certain nombre d’articles que je remettrai à Hassan Hamada afin qu’il  s’emploie à les publier dans le supplément du journal « Essabah » après sa création.

Quant à ma nomination à Zaghouan, je m’y opposerai et je réussirai peut-être dans ce sens. Mais si la chance et les pistons me tournent le dos, je n’habiterai pas à Zaghouan, car en effectuant une opération de calcul du coût de mon déplacement entre Tunis et cette ville pendant toute l’année scolaire, j’ai trouvé que cette solution est possible. Restera la fatigue corporelle mais je m’y suis habitué.

Tu me conseilles comme Abderrahman* d‘émigrer (en France).Tu ignores mes circonstances actuelles(15). Je suis dans l’obligation de faire des sacrifices. Je dois sacrifier  au moins une année .Pour cela, je travaillerai une année au cours de laquelle mon seul souci sera de ramasser la plus grande somme d’argent possible. Après, je pourrai peut-être voyager. Donc il faut absolument que je travaille une année. Ceci est mon idée indéfectible.

Quant à Zili(16), il ne m’a ni contacté, ni donné signe de vie, malgré ma présence permanente à la maison .Pour cela, je te prie de me dire dans ta prochaine lettre quand il a quitté Paris et quand il est arrivé à Tunis et de me donner son adresse pour que je le contacte.

Après cela, je vois qu’Abderrahman t’a convaincu de la nécessité de travailler à Paris .Cette idée est ancienne et j’ai encore de la nostalgie de l’époque où elle a vu le jour.

En tout cas, il y des circonstances que je comprends et qu’Abderrahman ne comprend pas. Et jusqu’au jour où nous passerons du rôle du spectateur paresseux à celui de l’agent  actif, jusqu’au jour où nous trouverons de nouveau un point d’appui solide(17), nous nous lancerons dans une révolution tempétueuse  contre la transfiguration, la vénalité et l’opportunisme, jusqu’a cela et jusqu’à ceci, nous devons commencer par nous rassurer sur ceux à l’égard desquels nous assumons une certaine responsabilité(18).

(…elle avait des yeux noirs alors que moi je suis un homme épuisé. Je veille la nuit et je m’endors le jour. Je lis de vieux livres touchés par la suie dans lesquels les scorpions ont construit leurs nids et sur lesquels jouent les souris. Elle avait des yeux noirs alors que moi je suis un homme épuisé,  exténué par le haschisch et dont le corps est gravement abîmé par la drogue et les boissons enivrantes… elle avait des yeux noirs alors que moi j’étais  à la recherche de mon égo qui a été transfiguré d’un point d’appui alors que je suis un homme qui n’est même pas capable d’aimer…)(19).

Entre parenthèse, une quantité étrange de livres arabes est  arrivée à la STD (société tunisienne de diffusion *).Ce qui est vraiment bizarre(20)…mais l’argent est la chanson de la prostitution dans mon pays et le fouet de la haine, du courroux et de la pauvreté*.

 

Ceci et au revoir !

Notes : 

1- Appellation ironique pour désigner les écrivains et les poètes.

2- Hassine El Oued s’était éloigné du milieu culturel tunisien depuis 1972 pour se consacrer à l’enseignement et à la recherche scientifique.

3- Je n’avais pas pris finalement  ses conseils car j’ai demeuré  dans le milieu culturel jusqu’à l’année 2009 .Au cours  de cette longue période, j’ai écrit et publié en tout 33 livres sur la littérature tunisienne. Et ma part d’articles pleins d’insultes et de dénigrements  a dépassé les 220 articles signés par leurs auteurs sans compter les articles non-signés. Mais je n’ai jamais poursuivi l’un d’eux en justice parce que je crois en la liberté d’expression.

4-  Hassan Hamada : l’un des meilleurs journalistes culturels en Tunisie .C’était  lui qui avait  publié mon premier article de critique littéraire et ce, dans le journal « Essabah »(Le matin) en 1967. Et Hassine l’avait connu par mon intermédiaire. Il était aussi dramaturge et syndicaliste et on l’avait congédié de son travail au journal « Essabah » à cause de ses activités syndicales .

5-  Hédi Labidi ; l’un des plus grands journaliste en Tunisie .Il était avant l’indépendance l’ami et défenseur du grand réformiste Tahar Haddad  le libérateur de la femme. Mais à l’époque oû le rencontrait Hassine, il était devenu un classique intransigeant et refusé de me publier le moindre article sur la critique moderne.

6- Je n’étais pas au courant de ce supplément qui ne verra pas le jour. Il paraît que Hassan Hamada en a parlé à Hassine après mon départ .

7 -Il parle ici du restaurant universitaire qui restait  ouvert pendant les vacances d’été aux étudiants  ajournés et à ceux qui sont inscrits au certificat d’aptitude à la recherche.

8- Je ne sais pas de quoi il parle ici, peut-être il réécrivait en langue arabe une pièce de théâtre occidentale  .Que voulait-il dire par « nous la ferons passer inaperçue » ? Son sujet serait-t-il contre le régime ? Je ne lui avais pas demandé plus tard  des explications sur cette pièce.

9-  Il s’agit du certificat d’aptitude à la recherche (équivalent au master)

10-  Lahmar : l’un de nos amis communs moi et Hassine .Il était étudiant à la section d’histoire.Je ne l’ai plus revu depuis cette époque.

11- Je le connaissais certainement puisqu’il n’a pas mentionné son nom de famille mais je l’ai oublié.

12 – Il s’agit du  supplément culturel du journal « Al Aamal ».Il était au temps du directeur Slaheddine Ben Hmida le portail de la littérature moderne et contemporaine dans le monde puis dès que dernier fut nommé à la tête de l’agence « Tunis presse » , son remplaçant avait fermé la porte du supplément aux novateurs et s’était  fait entouré de classiques.

13-Il parle de la page culturelle du journal « Essabah »(Le matin)  qui était administrée par le rédacteur en chef Hédi Ladidi et qui n’était ouverte qu’aux vétérans.

14-J’ai collaboré avec ce journal »Al masira »(La marche ) deux fois :la première en 1970 au temps où il avait pour rédacteur en chef Mohamed Taieb Guiga qui m’avait permis d’y créer une rubrique hebdomadaire puis on l’avait limogé à la suite d’un complot dont il fut victime .Et avec sa sortie du journal, on a supprimé ma rubrique.Puis tout au long de l’année 1970, ce journal s’était spécialisé dans le dénigrement de l’avant-garde littéraire tunisien et de ma personne en particulier. Ensuite, son directeur avait limogé le responsable de la page culturelle et me l’avait confiée. J’avais profité alors de l’occasion pour créer avec Hassine El Oued et Hamadi Touhami El Kar une page identique à la page « Dépassements » que nous avions fondé l’année précédent au journal « AlAyyam » et nous l’avions dénommée  « Structuralismes ».

15- Je n’ai jamais demandé à Hassine des détails sur ces circonstances .Mais ce que je savais est qu’il était en cette période dans une situation financière  difficile.

16- Hamadi Zili :un étudiant originaire de Monastir , ami d’Abderrahman.Il a passé avec nous quelques jours avant de retourner en Tunisie.Il a ramené avec lui quelques livres sur la critique littéraire moderne que j’ai envoyés à Hassine.Je l’ai rencontré il y a quelques années dans un autobus à Tunis .Il m’a reconnu bien que je n’aie pas pu le reconnaître.

17- Il veut dire ici  une nouvelle tribune à travers laquelle nous pourrons diffuser nos idées.

18-Il n’emploie pas le mot « révolution » au sens politique tu terme parce nous n’apparitions à aucune tendance politique. Il veut dire «la révolution intellectuelle et scientifique ».  Quant à son expression » nous devons commencer par nous rassurer sur ceux à l’égard desquels nous assumons une certaine responsabilité », il y fait peut-être allusion aux membres de sa famille qui avaient besoin de lui après sa réussite.

19-  Ce passage  provient d’un roman qu’il écrivait à cette époque et duquel il m’avait lu plusieurs autres passages .

20-  Il parle certainement de livres orientaux qui étaient auparavant interdits  dans le pays mais qu’on les a laissé cette fois entrer et circuler.

 

 

 

 

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